2 - Le premier âge d’or d’Argenteuil : le Moyen Age


Il existe sur le territoire d’Argenteuil de nombreuses traces de l’implantation des hommes à l’époque mérovingienne (Ve-VIIe siècles). L’une des principales est bien sûr la première abbaye d’Argenteuil dédiée à Sainte-Marie. Sa date de fondation, vers 665, reste hypothétique. Cependant, son existence est attestée par l’acte le plus ancien existant sur Argenteuil, la donation de Childebert III, datée de 697 et par laquelle le roi cède à l’abbaye le bois de Cormeilles (en Parisis).

Crypte de l’abbaye Notre-Dame
Il s’agit de la première donation royale qui sera suivie d’autres encore plus importantes jusqu’à celle de la reine Adélaïde, femme d’Hugues Capet, qui en 1003-1004 permettra la refondation de la chapelle Saint-Jean-Baptiste et de l’abbaye. En effet, comme de nombreuses abbayes situées en bord de Seine, celle d’Argenteuil avait été détruite par les invasions normandes des VIIIe et IXe siècles.

La chapelle, peu modifiée depuis, est actuellement un des derniers édifices encore en élévation qui témoigne du premier art roman d’Ile-de-France. L’abbaye fut constamment modifiée du XIe au XVIIIe siècle.

En 1129, Suger, l’abbé de Saint-Denis, s’empare de l’abbaye d’Argenteuil, pôle économique majeur sur la Seine. Il chasse les moniales et leur abbesse Héloïse sous prétexte qu’elle leur ferait mener une vie dissolue. Il y installe une communauté d’hommes qu’il soumet à l’abbaye royale de Saint-Denis. Cet événement, convergeant avec l’augmentation du commerce sur la Seine, marque un tournant dans l’histoire de la ville qui se développe autour de l’enceinte du monastère dont le prieur est aussi le seigneur du fief d’Argenteuil. La guerre de Cent Ans (1346-1449) mettra fin à l’expansion urbaine.


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